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 Le Diable s'habille en strass ET Prada

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Yuria Shinin

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MessageSujet: Le Diable s'habille en strass ET Prada   Lun 27 Juil 2015 - 17:01

[SUITE DE CE SUJET]




Le Cabaret Camden (1 Mark Ln, London EC3R 7AH, Royaume-Uni - si cela pouvait intéresser quelqu'un d'autre qu'elle)... cela faisait près d'une semaine qu'elle y venait régulièrement.

Au début, le Grand Patron l'avait contactée et envoyée à Londres pour chasser le nain crapuleux (trop beau hein, vous y avez vraiment cru ?)... non, juste pour repérer de potentielles nouvelles recrues pour le HWI. Autant Créatures qu'Avatars ou humains.
C'était tout simplement et tellement la dèche au sous-sol, comme elle se plaisait à nommer le HWI, qu'ils envoyaient même les journalistes s'essayer au recrutement maintenant.

Enfin bref.

Gros soupir de la jeune femme, qui fixa un instant son verre de Pimm's.
Sincèrement, la 'gastronomie' et les 'alcools' anglais, ce n'était clairement pas son truc. Le décor vintage et tape-à-l'oeil de ce cabaret (comme de TOUS les cabarets Yuria, allons, mets-y un peu du tien...), pas plus.
Mais bon, le Patron ordonne, on exécute sans se poser de question. Béni soit le chef tout puissant du HWI. Amen.

En attendant, Yuria plissa les yeux, avisant la scène avec tout sauf intérêt, comme chaque soir.
Comme chaque soir, du moins pour le moment, il apparut sur scène et commença son show.

Elle avait l'impression de l'avoir regardé faire cela des milliers de fois maintenant.
Mais dans ces spectacles d'illusion innocents (autant que peut l'être un agneau marqué du sceau du Diable, genre, CQFD), il y avait une maîtrise et une réelle démonstration de pouvoir. Seulement pour ceux qui y étaient sensibles, c'est-à-dire, en regardant autour de soi... hm, environ 1%. Comment compter les alcooliques notoires et les pépères pervers qui venaient juste pour se rincer l'oeil ou croire qu'ils pouvaient retrouver leurs vingt ans l'espace d'une soirée. Hm.
La nature humaine était aussi étrange que perverse et contradictoire.

Pour l'instant, ce n'était pas son problème.
Il lui fallait trouver un moyen de l'aborder.

Le spectacle était fini. Elle sortit du cabaret et s'abrita sous son pardessus noir, la pluie, elle, était toujours à ses côtés depuis qu'elle était arrivée ici.

Mais là n'était pas le problème non plus.
Sincèrement, Yuria appréciait l'ambiance intemporelle de Londres, et se plaisait à y perdre du temps. C'était la seule raison pour laquelle elle ne l'avait pas encore abordé directement - car elle n'était pas du genre à minauder ni à hésiter.

Mais ce soir-là, pour une fois, elle entendit des pas derrière elle. Par prudence, elle posa discrètement la main sur son Desert Eagle et l'y laissa, toutefois bien consciente de qui il s'agissait...


"Eh bien eh bien, qu'avons-nous là...", dit-elle avec un sourire amusé, dévoilant légèrement ses crocs. "On est venu me tirer les cartes, ou il s'agit de 'tirer' autre chose ?"




Dernière édition par Yuria Shinin le Lun 27 Juil 2015 - 19:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Diable s'habille en strass ET Prada   Lun 27 Juil 2015 - 18:40

Comme tous les soirs, il y avait une forte odeur de parfum dans la loge commune du cabaret. Les artistes se préparaient, entre le maquillage, l’habillage, la coiffure… Tous les soirs c’était le même spectacle en coulisse, un défilé d’artistes, plus ou moins talentueux, qui cherchaient à attirer les regards pour un soir, en espérant pouvoir le faire quelques soirs de plus encore. Sur scène, un homme et une femme terminaient leurs numéros comiques, des blagues potaches, un humour parfois un peu gras, mais dont personne ne s’offusquait. Ici, on ne fait pas de politique, on s’amuse, alors il n’y a pas de méchancetés dans les propos, même un peu racistes. Ce serait bientôt à moi. Adossé à un mur, je jouais avec mes cartes, un peu comme si j’étais nerveux, mais il s’agit plus d’un plaisir que de stress. J’aime jouer avec les cartes, les mélanger, les tourner, les retourner, les faire danser entre mes mains. Mais, paradoxalement, alors que je devrais être en train de me refaire mentalement l’intégralité de mon tour, je ne me demandais qu’une chose : serait-elle là ce soir encore ? Il m’avait fallu quelques jours pour le remarquer, ou plutôt la remarquer. Pourtant, elle semblait immanquable, elle et sa longue chevelure de feu, cascadant sur ses épaules et flirtant, sans l’ombre d’un doute, avec la chute de ses reins. Une présence discrète et pourtant si voyante. Je ne comptais plus les jours, mais, une chose était certaine, elle ne faisait pas partie de ces habitués qui campaient leur place attribuée depuis des années. Nouvelle ? Assurément, mais pourquoi revenir, encore et encore, voir le même spectacle ? L’ambiance ? Peut-être. En réalité, cela m’intriguait car, bien entendu, il était impossible de connaître la réponse, du moins pas sans l’approcher, ou sans qu’elle ne le fasse…

Un dernier éclat de rire général, des applaudissements… Le petit escalier de bois qui mène à la scène grince et laisse entrevoir le couple encore grimé mais apparemment content de leur performance. « C’est à toi Jack. » Je relevais la tête, un léger sourire au coin des lèvres. Jack… Jack Bowman. C’était mon identité du moment. Quelque chose de sobre. J’acquiesçais à leur passage avant de prendre l’escalier qu’ils venaient de descendre et me rendre sur la scène. Show time. C’était un peu comme une routine, même si, pour mon propre bien, il m’arrivait de modifier quelques tours. Certains marchaient mieux que d’autres et si mon public ne semblait pas apprécier, je préférais passer à autre chose. A la lumière des projecteurs, les premiers applaudissements de la soirée. Je remerciais mon public, non sans jeter un œil dans la même direction que les derniers soirs. Elle était là, encore. Un sourire, pour moi-même, ou pour l’audience. A eux de décider. Je commence alors mon spectacle, comme tous les soirs, avec quelques variantes. Je les émerveille avec de simples cartes qui apparaissent, qui disparaissent, qui virevoltent… Quelques numéros de close-up pour un peu d’interaction, malheureusement, la petite rouquine est bien trop loin de la scène pour que cela ne semble pas prémédité. Peu importe. Ce que le public ne sait pas, c’est que mes illusions ne sont pas toutes truquées, certaines sont réelles. Elles ne sont pas omniprésentes, mais, pour se faire une place dans ce domaine, il faut avoir l’air talentueux, avoir du neuf. Mais, après tout, n’est-ce pas encore mieux, si c’est de la vraie magie ? Combien parmi l’assistance pourrait être assez intelligent pour s’en douter ? Peu importe, je faisais mon spectacle, et pourtant je n’arrivais pas à ne pas la regarder. Bien joué mademoiselle, vous avez mon attention, désormais.

Le spectacle s’était terminé sous les applaudissements. Ma soirée ne faisait, finalement, que commencer. L’artiste suivant était déjà en scène, pour ma part, je me posais pour retirer mon costume, bien plus pressé qu’à l’habitude. Je connaissais ses habitudes, elle ne resterait pas longtemps dans le cabaret. Débarrassé du léger maquillage, je remis ma chemise de ville, mon trenchcoat, saluait mes comparses et sortit par l’arrière de l’établissement. Bien entendu, il pleuvait. L’Angleterre et son mythe, plus véridique que jamais. Je remontais mon col avant de me glisser dans la ruelle à pas rapide. Elle devait déjà être sortie, ou presque. C’est à ce moment que je la vie traverser devant moi. J’esquissais un sourire à moi-même. Pile dans les temps. Sans ralentir le rythme, je sortis de la ruelle avant de prendre dans la même direction qu’elle. Il était temps de savoir s’il y avait un petit jeu qui se tramait. Le contraire aurait été décevant, mais je devais savoir. Même si cela me blessait de dire cela, le hasard n’existait pas. Elle m’entendit probablement, après tout, je ne faisais rien pour me cacher. Aussi, quand elle se retourna, je n’eus pas besoin de feindre une quelconque surprise. Cependant, ses petites quenottes laissèrent passer un sourire fugace sur mes lèvres, voilà qui allait être… intéressant. Et, sa façon d’engager la discussion, ne manqua pas de me faire hausser un sourcil. Voilà qui était assez direct.

« Je ne suis pas trop versé dans la voyance, ma spécialité reste les tours de cartes, pas le charlatanisme. Quant au reste, pas avant au moins un verre ou deux, je le crains. » J’affichais une moue légèrement, mais parfaitement faussement, désolée. « J’espère que vous n’êtes pas trop déçue. » Je fis un pas en avant, me permettant de réengager la marche. J’aimais la pluie, mais la perspective de finir trempé des pieds à la tête ne m’enchantait pas nécessairement. « Je peux peut-être vous offrir un verre pour me faire pardonner. » Un nouveau sourire anima mes lèvres, mais celui-ci ne s’échappa pas, au contraire, il resta tranquillement posé là, tandis que je regardais devant moi.
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Yuria Shinin

Drogué

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MessageSujet: Re: Le Diable s'habille en strass ET Prada   Lun 27 Juil 2015 - 19:30




Yuria se contenta de remettre sa main sous le pardessus, laissant son arme à sa place pour le moment, et s'autorisa même un petit sourire narquois. Il était clair que chacun d'entre eux jaugeait encore l'autre.

Un charmant jeune homme, en apparence. Elégant, semblant raffiné, parlant de manière claire, intelligible et fascinante, pour de vulgaires humains(es). En clair, un séducteur monstrueux déguisé en dandy - une vraie peste, et un adversaire digne de ce nom.
Peut-être était-il temps pour la vampire de changer de tactique et de manier à présent un langage un peu plus châtié, puisque le premier essai avait misérablement échoué.

De son côté, elle avait parfaitement ressenti l'essence et les 'émotions' de ce démon, aussi habile soit-il en matière d'illusion et de dissimulation. Il avait l'air culotté celui-là, mais de bonne éducation - preuve en était, il n'avait pas spécialement réagi à sa pique ouverte. Cela la changeait du silence, des nains crapuleux ou des spectres-scientifiques (disparus) complètement à la ramasse.
Cela pouvait même devenir amusant...


"Détrompez-vous, 'très cher'. La cartomancie, la véritable, est un art qui contrairement à ce terme générique que vous avez employé, 'voyance', s'appuie sur des lectures de phénomènes tangibles et parfaitement logiques. En clair... cela fonctionne si c'est bien exécuté. Mais dans le cas des sciences occultes, il faut être tout autant attentif à l'ouvrier qu'à ses outils, n'est-ce pas ? Si l'utilisateur n'est pas doué, il n'y aura aucun miracle. Un âne ne deviendra jamais un étalon."

Nouveau sourire, plus charmeur cette fois - ou simplement carnassier ?

"Pas mal votre numéro d'illusionniste, d'ailleurs. J'ai failli ne pas me lasser avant la dixième fois. Je me demande toutefois ce que quelqu'un comme vous peut bien faire dans un tel troquet. Vous avez les moyens de faire plus, et de gagner bien plus."

Elle faillit reprendre son chemin sans autre cérémonie (vacances, vacaaaances...!), mais sa proposition l'interloqua quelque peu.

« Je peux peut-être vous offrir un verre pour me faire pardonner. »

Il ne lui fallut pas longtemps pour acquiescer, amusée par le petit jeu du 'jeune homme', et l'escorter jusqu'au "Mark Hix’s Bar and restaurant – Si vous êtes amateur de bonne cuisine, vous vivrez là une expérience savoureuse avec comme accompagnement des cocktails réalisés par les plus talentueux barmen de Londres. L'endroit deviendra vite votre bar fétiche !" - qu'ils disent dans le guide.
De fait, elle avoua sans peine qu'elle était également affamée.


"C'est un peu loin d'ici, mais le taxi et le repas sont pour moi.", dit-elle simplement.

Une fois arrivés à destination, attablés et savourant leur premier cocktail, Yuria se permit enfin des présentations convenables :


"Mon nom est Yuria Shinin. Et vous avez bien deviné, quoi que vous n'en ayez rien dit : cela fait un moment que je vous observe. Maintenant que vous avez précipité notre rencontre, j'aimerais en savoir un peu plus sur vous."

Son regard bleu-argenté se fixa sur lui, signifiant clairement qu'il pouvait lui parler... 'à coeur ouvert'.


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MessageSujet: Re: Le Diable s'habille en strass ET Prada   Mar 28 Juil 2015 - 2:41


L’eau ruisselait déjà sur ma peau, imprégnant mes cheveux, s’insinuant dans mes vêtements. La pluie londonienne n’était pas forcément puissante, mais avait ce don de passer outre n’importe quelle couche d’habits pour atteindre directement l’épiderme. Attraper un froid ici n’était pas très difficile. Cependant, je devais admettre que mon attention était davantage prise par la femme qui se trouvait devant moi, apparemment assez jeune, mais dont les petites canines allongées trahissaient une vieillesse insoupçonnée. Combien d’années cette vampire pouvait-elle avoir au compteur ? Malheureusement, il était impossible de le dire, du moins, pas sans un examen approfondi. Toutefois, sa façon d’agir ne transpirait pas la jeunesse, et si elle avait une moindre idée de ce que j’étais, je pouvais aisément parier qu’elle dépassait aisément le siècle d’existence. Après tout, il fallait du temps pour découvrir toutes les subtilités de ce monde, et les Démons, en faisaient également partie. C’était l’occasion de jouer, de jouer à un jeu légèrement plus dangereux, plus piquant, que celui qui pouvait être le mien d’habitude. Les Humaines étaient délicieuses, mais elles ne possédaient pas cette pointe de risque qui se tapissait dans l’ombre de cette jeune femme aux cheveux de feu. Je n’étais pas certain d’être réellement en danger avec une telle créature, mais elle ne semblait pas nécessairement intimidée par ma personne. Deux possibilités s’offraient à moi : la première supposait qu’elle n’avait aucune idée sur ce que je pouvais être, ce qui, au fond, était impossible ; la seconde impliquait qu’elle avait parfaitement conscience de pouvoir me maitriser si nécessaire. Et cette supposition la rendait déjà beaucoup plus dangereuse que n’importe quoi d’autres. Plus dangereuse, et donc, bien évidemment, plus intéressante. Quel Incube d’Asmodée peut refuser ce petit jeu avec une aussi belle créature ? Plutôt risquer un bain dans de l’eau bénite plutôt que de passer à côté de cela.

J’haussais un sourcil quand elle me remit – gentiment – à ma place concernant la cartomancie. Il était certain que les vrais magiciens pouvaient probablement tirer quelques choses de ces cartes de tarot, mais c’était là quelque chose qui ne m’intéressait guère et, à dire vrai, la plupart n’étaient que de simples charlatan ne comprenant pas une seule once de cet art, simplement doté de quelques notions de psychologie, donnant à leurs clients ce qu’ils souhaitaient simplement entendre. Mais au-delà de son plaidoyer pour cet art, ses derniers mots suscitèrent toute mon attention. Elle semblait versée dans les sciences occultes, un point à rajouter à son côté intriguant, et, potentiellement dangereux. Son image me fit sourire de plus belle. J’allais glisser un bon mot, mais elle me devança, me faisant, au passage, ce qui semblait être un compliment. En tout cas, il aurait été idiot de ma part de le prendre autrement. « Si l’écrin est plus beau que le joyau, l’éclat de celui-ci s’en retrouve amoindri… Disons que je n’ai aucune présomption. Peut-être pourrais-je faire davantage, mais ces troquets me conviennent. Ils ont un charme incomparable. Après tout, n’y étiez-vous pas ? » Je m’amusais de la situation, encore plus lorsqu’elle accepta mon invitation, la doublant d’un repas. J’acquiesçais sans formalités. « Tant que le verre est pour moi… » Je souriais malicieusement et, lorsque le taxi s’arrêta, j’ouvrais la porte avec politesse, la laissant entrer la première avant de me joindre à elle, sur la banquette arrière. Je laissais un bref silence s’installer, avant de finalement le briser, presque innocemment. « A votre suggestion, j’en déduis que soit vous connaissez Londres comme votre poche, soit vous avez bien mémorisé votre guide touristique. Si je devais deviner, je pencherais pour la seconde possibilité. J’ai bon ? »

Après plusieurs minutes de route, nous arrivâmes finalement devant le restaurant où, bon gentleman, je lui ouvris à nouveau la porte avant de rentrer à sa suite dans le bâtiment où la chaleur contrasta immédiatement avec la fraicheur de la nuit pluvieuse. Nous fûmes installés à une table légèrement à l’écart, après nous avoir débarrassés de nos manteaux. Je pris le temps de réajuster ma veste de costume et ma chemise avant de m’installer en face de mon hôte-invitée. Les premiers verres servis, elle se présenta. Yuria, voilà qui n’était pas commun… J’esquissais un nouveau sourire, trempant mes lèvres dans ce merveilleux nectar qu'était le lait. Oui, oui, un verre de lait.  « Jack Bowman, mais Jack suffira amplement. Et ainsi vous m’observez depuis un petit moment ? Je suis flatté, même si je ne suis pas convaincu de mériter un tel engouement pour un spectacle d’illusion. » La salle était plus ou moins occupée, mais personne ne semblait faire attention à eux. C’était peut-être pour le mieux. « Peut-être aimez-vous les tours de cartes ? Je n’ai pas eu l’occasion de pouvoir vous en faire un au cabaret, vous étiez toujours trop loin. Peut-être pourrais-je me rattraper, qu’en dites-vous ? » Ce n’était probablement pas ce à quoi elle s’attendait, mais il ne fallait pas trop qu’elle compte sur moi pour me confier sans une raison valable. Mais elle s’y attendait probablement. Je ne savais pas ce qu’elle avait derrière la tête et c’était ce qui rendait tout ceci parfaitement excitant. Une chose était certaine, elle n’était pas là parce que je lui avais tapé dans l’œil. Mais, peut-être que cela pouvait encore changer, n’est-ce pas !


Dernière édition par Aaron le Mar 28 Juil 2015 - 10:50, édité 1 fois
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Yuria Shinin

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MessageSujet: Re: Le Diable s'habille en strass ET Prada   Mar 28 Juil 2015 - 9:55




Gentleman, joueur... dangereux.
Tout cela respirait l'embrouille et le danger à plein nez, mais... mais quoi au fond ?
Allons. Yuria était assez âgée, mais elle avait toujours trouvé le moyen de voguer à travers le temps et les années de manière spéciale. Tout l'intéressait. Tout l'attirait, pourvu qu'on se donne la peine de lui faire miroiter quelque chose.
Ce n'était pas pour rien que le sieur Renkyô lui avait proposé ce poste de journaliste. Proposé oui. Pas offert. On n'offre pas à Yuria, c'est elle qui accepte. Non mais.

Et ce quelque chose, ici, c'était un défi ouvert (mais tacite), et elle ne refusait jamais ce genre de jeu.
Un jeu de non-dits, un affrontement subtil et plein de classe.

Enfin. Pour revenir au précédent sujet, il fallait admettre que la mémoire à long terme de la vampire était quelque peu capricieuse. Elle vivait au jour le jour, non par envie, mais bien par obligation quelque part - même si cela lui correspondait parfaitement.
Son passé, la 'raison' de son arrivée, ce lieu d'où elle s'était échappée... elle ne maîtrisait pas grand'chose, ne se souvenait de rien. Et ne faisait rien non plus pour s'en souvenir.

Lissant délicatement sa jupe noire, réajustant par là son corset outrageusement révélateur (se mettre en valeur et apprécier les beaux habits n'était pas forcément commun pour elle, mais c'était pourtant le cas lorsqu'elle voyageait dans des contrées plus éloignées que le 'sous-sol'), elle prit place dans le taxi après les quelques remarques de son nouveau compagnon - ne serait-ce que d'une soirée.

Une fois la porte fermée et le véhicule en route, elle prit le temps de répondre.


"Ces troquets ne m'intéressent sans doute pas pour les mêmes raisons que vous. Et pour le reste, vous avez raison, vous m'avez démasquée. Je connais mon guide par coeur. Je ne suis pas originaire d'ici."

Quelques détails non compromettants, diffusés au compte-goutte dans l'immense verre du champ de bataille verbal, et des phrases à double sens. Se surveiller, ne pas faire de faux-pas, ne jamais trop en dire, mais attiser la curiosité adverse. Lui-même jouait à merveille, il lui fallait le reconnaître, poussant même le vice jusqu'à se servir d'un silence bien pesé avant de répondre.

Il lui ouvrit de nouveau la porte et ils se dirigèrent tous deux vers le 'Mark Hix’s Bar and restaurant', bientôt placés à une table un peu en retrait une fois leurs manteaux débarrassés. Le sien pesait lourd, mais le talisman d'Illusion qu'elle y avait collé suffirait à donner le change et ne pas attiser une curiosité humaine et mal placée cette fois.

Un verre de lait (...) pour lui, un Bloody Mary pour elle. Tout dans la suggestion et l'ironie.


« Jack Bowman, mais Jack suffira amplement. Et ainsi vous m’observez depuis un petit moment ? Je suis flatté, même si je ne suis pas convaincu de mériter un tel engouement pour un spectacle d’illusion. »

Jack, hm ? La bonne blague. Il n'avait pas vraiment une 'tête de Jack'.
Combien de noms avait-il empruntés, combien d'apparences avait-il adoptées, combien de naïves humaines avait-il entourloupées, hm ?

La cible était vraiment intéressante, n'en déplaise. Ile ne manquait ni de cran, ni de culot.
Il était plus que clair qu'il savait ce qu'elle était, mais il ne semblait pas encore savoir sur quel pied danser avec elle ; de toute manière, une vampire artificielle (marque déposée) n'était vraiment dangereuse que si on la poussait à se défendre. Et pour le moment, le jeu restait innocent. Pour le moment, oui.


« Peut-être aimez-vous les tours de cartes ? Je n’ai pas eu l’occasion de pouvoir vous en faire un au cabaret, vous étiez toujours trop loin. Peut-être pourrais-je me rattraper, qu’en dites-vous ? »

Elle esquissa un sourire :

"Ma foi, puisque cela semble vous tenir à coeur. Passons juste commande avant que vous ne commenciez, cela vous laissera ensuite le temps de dévoiler votre... art. Même si mon rôle ne se cantonnera ici qu'à regarder."

Chose dite, chose faite.

Le serveur repartit vers la cuisine, leur laissant largement le temps d'agrandir le champ de bataille et d'en préciser les règles.
La patience était également de mise dans ce jeu étrange. Une patience assez frustrante pour le moment. Mais avec cette démonstration qu'il tenait tant à faire, Yuria était quasi-certaine de découvrir quelque chose d'intéressant au sujet de ce... Jack.



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MessageSujet: Re: Le Diable s'habille en strass ET Prada   Mar 28 Juil 2015 - 13:02



Désirable, mystérieuse… Dangereuse. Je n’avais réellement aucune idée des raisons qui avaient pu la pousser à revenir, encore et encore, dans ce petit cabaret perdu dans le grand Londres, et, surtout, ce qui la motivait à jouer avec moi. Dans un scénario plus… classique, dirons-nous, j’aurais pu imaginer une tentative d’attirer mon attention, mais elle ne semblait pas vraiment intéressée par ce que pourrait être cette fin de nuit. Elle semblait davantage portée par l’instant présent et, de tout état de cause, ne s’intéressait pas à moi pour mon physique. Si l’on rajoutait à cela le simple fait qu’elle n’était pas vraiment Humaine – si la chose aurait pu m’échapper jusqu’à cet instant, c’était désormais impossible de passer à côté – et qu’elle connaissait probablement ma vraie nature, l’ensemble du jeu était désormais complètement brouillé. Les règles elles-mêmes ne semblaient pas très claires et les objectifs encore moins. Toutefois, ce jeu tacite ressemblait beaucoup à un jeu de la vérité où chacune des réponses pouvait être un mensonge, une demi-vérité ou une vérité. Il ne restait donc qu’à essayer d’en apprendre le plus possible sur l’autre sans trop se dévoiler. Sachant que, sans l’ombre d’un doute, nous étions tous les deux suffisamment affutés pour avoir une petite idée du moment où l’autre pouvait mentir. Mais cela faisait partie du jeu, même si je n’étais pas convaincu que nous irions jusqu’à réellement aller jusqu’aux mensonges. Il y avait quelque chose de dangereux à dire la vérité, même à demi-mots, quelque chose de dangereux oui, mais terriblement excitant. Chacun supposait des choses, pensait en savoir d’autres. Mais avions-nous seulement raison ? Cela faisait plusieurs années que je n’avais pas rencontré quelqu’un d’aussi intéressant, et, pour être tout à fait honnête, peut-être la première femme depuis plusieurs siècles, qui avait su mettre de côté mes instincts d’Incube, au moins pour le moment. Et ça, ce n’était pas rien.

Surtout avec sa robe de soirée, qui, il fallait le reconnaître, la mettait parfaitement en valeur. Dans une autre situation, peut-être. Mais là, mon esprit tout entier était à ce jeu qu’elle avait insidieusement lancé. Finirait-elle par le regretter ? Il faudrait le lui demander à la fin de cette soirée. Sa réponse dans le taxi le fit sourire.  « Entre artiste et public, ce ne sont forcément pas les mêmes motivations en ce qui concerne la sélection de l’établissement. Mais ces cabarets revêtent un charme inimitable qu’il m’est impossible de trouver ailleurs. D’autant qu’il y est plus… aisé de faire des rencontres intéressantes. » J’en avais peut-être un peu trop dit, mais cela ne me dérangeait pas le moins du monde. Au contraire, peut-être penserait-elle que je baissais ma garde, que je m’abandonnais déjà un peu trop. Il fallait parfois savoir lâcher du lest pour endormir la méfiance de son adversaire et ainsi le surprendre plus tard. De toute façon, si elle avait déjà une idée de ma nature, elle n’apprenait là pas grand-chose de plus. Et si ce n’était pas le cas, au moins lui laissais-je un indice pour tenter de comprendre ce qu’elle venait d’inviter au restaurant. Ma commande d’un verre de lait n’avait pas passé inaperçu, il ne fallait pas être très observateur pour s’en rendre compte. C’était une petite fantaisie que je me permettais. D’autant que j’adorais réellement cette boisson. Allez savoir pourquoi ! En tout cas, je la préférais à l’alcool qui, s’il pouvait être savoureux et désinhibiteur, n’avait pas nécessairement sa place au cœur de cet échange. Qui plus est, le nectar blanc pouvait peut-être la déstabiliser un peu. Toute surprise était bonne à prendre, quoi qu’on puisse en dire.

Je savais qu’elle ne goberait pas mon identité, mais ce n’était pas comme si j’allais lui révéler mon nom de Démon comme si de rien n’était. C’était quelque chose de bien trop… privé. Pour être donné comme ça, à la première inconnue, certes intéressante, qui passait. A sa réponse, je prenais un air légèrement déçu. « Vous n’avez pas l’air convaincue, soit, essayons de vous surprendre. » Alors que le serveur prenait leur commande, j’optais pour quelque chose de neutre, mais typiquement anglais : un fish’n’chips. Il restait à voir ce qu’elle en déduirait. Une fois nos commandes prises, je piochais un jeu de cartes dans la poche intérieure de ma veste de costume. « Jamais sortir sans un jeu de cartes. » Un sourire malicieux sur les lèvres, je sortis les cartes de leur étui de carton et les déposais sur la table avant de faire le célèbre rituel de l’illusionniste. « Rien dans les mains…  Rien dans les manches… Et vous pouvez même jeter un œil au jeu de cartes que je vous certifie parfaitement banal. » Une fois sa possible curiosité satisfaite, je repris le jeu et commençait à le battre non sans style. Après quelques instants, je lui présentais un éventail de cartes. « Prenez en une, mémorisez la bien et replacez-là n’importe où dans le jeu. » J’attendis patiemment, sans la quitter des yeux, un sourire au coin des lèvres. Une fois qu’elle eut terminé, je battis à nouveau l’ensemble du jeu, faisant virevolter les cartes avant de finalement les laisser toute tomber sur la table, sauf une, que je tenais dans ma main. « C’est votre carte ? » Bien sûr que non, cela n’aurait pas été aussi drôle, n’est-ce pas ?
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Yuria Shinin

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MessageSujet: Re: Le Diable s'habille en strass ET Prada   Mar 28 Juil 2015 - 15:58




« Vous n’avez pas l’air convaincue, soit, essayons de vous surprendre. »

Vas-y bonhomme, fais-moi rêver., pensa-t-elle, complètement blasée.

« Rien dans les mains…  Rien dans les manches… Et vous pouvez même jeter un œil au jeu de cartes que je vous certifie parfaitement banal. »

Et rien dans le pantalon ? Hm, non ? Ce n'était pas la bonne réplique ?
Elle haussa les épaules, le croyant sur parole quant à la 'banalité'-normalité dudit jeu de cartes, et...


« Prenez en une, mémorisez la bien et replacez-là n’importe où dans le jeu. »

...choisit sa carte sans sourciller. Qu'elle replaça ensuite dans le jeu, comme indiqué.
Après le premier coup du battage 'épique' de cartes, voilà qu'il remettait cela. Le phénomène n'était pas inconnu à Yuria, elle était tout de même assez cultivée (et non, pas 'culturée') pour connaître à peu près tout de ce monde contemporain, ce n'était simplement pas trop son truc. Pour le moment, peut-être.


« C’est votre carte ? »

Avec l'air malicieux d'un gamin qui vient de voler son premier bonbon.
Ben voyons.
Elle rit doucement et se pencha vers lui, susurrant calmement :


"...Bien sûr que non, et vous le savez aussi bien que moi. Ce que vous avez fait de cette fameuse carte m'importe peu, veillez juste à ne pas me prendre pour une de ces midinettes prêtes à tomber dans vos bras au premier coup de chapeau venu."

...Roooh. Elle aurait pu faire plus classe dans le choix de ses mots, quand même.
Mais en réalité, elle s'amusait sincèrement. Une première pour elle qui passait ses journées à surveiller son PC du coin de l'oeil, forcée qu'elle était de lire toutes les conneries soit-disant 'pas-très-normales' sur leurs forums, mais également par courrier ou pire, parfois par téléphone - et ensuite de reporter le plus intéressant (et potentiellement vrai) au bureau du grand patron du 'sous-sol'.

En venant ici, elle avait eu droit à la totale : dépaysement, et rencontre d'un 'local' assez haut en couleurs...


"Hm, j'espère que vous me rendrez 'ma' carte avant la fin de la soirée. C'est qu'elle commencerait presque à me manquer."

Et à cet instant, le serveur revint avec leurs commandes...



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MessageSujet: Re: Le Diable s'habille en strass ET Prada   Mar 28 Juil 2015 - 17:30




Public difficile cette soirée-là. Il ne fallait pas être idiot pour savoir que l’illusion ne l’intéressait pas réellement. Oh, bien entendu, peut-être s’était-elle un minimum amusée de mon spectacle, ou peut-être de la naïveté de ceux qui venaient le voir également. Si elle était revenue autant de fois, ce n’était pas pour essayer de déceler le moindre de mes trucs, mais bel et bien pour en apprendre plus sur moi. Malgré tout, et, en quelque sorte, je lui faisais don de bien plus d’informations qu’elle ne pouvait peut-être le penser de prime abord. Les cartes, l’illusion, la magie, voilà des choses qui en disaient long sur ma personnalité et sur le Démon que j’étais. Cependant, il fallait saisir cette notion, comprendre qu’il ne s’agissait pas simplement de faire un tour pour émerveiller, d’autant que j’étais certains de ne pas arriver à réellement la surprendre, mais bel et bien pour apprendre. Toutefois, cela ne me dérangeait pas qu’elle passe à côté de cela et peut-être étais-je moi-même passé à côté de nombreux indices qu’elle aurait pu disséminer depuis le début de cette soirée. Cependant, j’étais quasiment sûr de n’avoir rien manqué. L’observateur que j’étais ne manquait pas une miette de ce petit jeu. Son haussement d’épaule me vexa légèrement, mais je n’en fis rien. Après tout, je ne pouvais pas la forcer à jouer complètement le jeu, du moins pas sans un peu d’aide et il était bien trop tôt pour essayer quoique ce soit de ce genre. Au moins prit-elle sur elle de choisir une carte et de la remettre dans le paquet, sans quoi il aurait été difficile de faire un tour digne de ce nom. Bien entendu, je n’allais pas lui montrer la carte qu’elle venait de piocher. Cela aurait constitué un beau tour en soi, mais elle et moi savions que nous n’étions pas là pour ce genre de tours là. Et, j’avais l’intime conviction qu’il lui fallait quelque chose d’un peu plus… fort.

Alors que je tenais la carte en main, triomphant, son attitude me fit sourire intérieurement. Cependant, je me contentais d’afficher une surprise parfaitement feinte mais travaillée depuis des années de show-business. Je retournais alors la carte vers moi. « Vous êtes certaines ? Vous ne seriez pas en train de me jouer un tour, par hasard ? » Jouer l’incrédule, faire semblant de ne pas comprendre, jouer sur le fait qu’elle pouvait mentir, il fallait savoir donner le change. Cependant, sa remarque n’avait pas manqué d’éveiller une flamme au creux de mes entrailles. Une pulsion sauvage, un peu bestiale, que j’avais décidé de taire pour le moment. Pour un peu, ses allusions auraient pu faire penser qu’elle n’attendait que cela. Dépité, je laissais tomber la carte sur la table avant de les rassembler pour les ranger. « D’habitude ça marche… Dommage. C’est peut-être la raison pour laquelle je ne mérite que les petits cabarets. » J’esquissais un sourire complice avant de prendre un air plus sérieux. Je me penchais alors à mon tour vers elle, mimant sa propre attitude et murmurant à mon tour. « Mais, de vous à moi, je ne m’attendais pas à ce que vous tombiez dans mes bras au premier tour de cartes. Peut-être le deuxième ? » Je me redressai alors, mon sourire s’élargit un peu et mon regard quitta le sien pour jeter un œil à la salle dans laquelle nous étions. Certaines personnes semblaient rigoler de mon petit tour raté, grand bien pouvait leur faire. De toute façon, la conclusion du tour n’était pas encore arrivée. Au loin, le serveur arrivait avec nos assiettes. Service rapide. Mais parfaitement à l’heure.

« Sentimentaliste des cartes ? » Un sourire fugace, tandis que, dans le paquet de cartes, l’une d’entre elles disparut et vint se ficher, à l’insu du serveur et de l’ensemble des clients du bar, dans le plat commandé par la dénommée Yuria. Lorsque l’employé vint déposer les plats sur la table, il sembla s’arrêter lorsqu’il découvrit l’objet insolite. « C’était donc vous qui aviez subtilisé la bonne carte ! Petit mécréant ! Mais c’est gentil de nous la rendre, apparemment mademoiselle commençait à avoir le temps long. » Je me délectais de la surprise du serveur qui, visiblement, ne savait pas où se mettre, ni réellement comprendre ce qui venait de se passer. On lui indiqua cependant qu’il était inutile qu’il ne s’embête à essayer de donner un sens à ce qu’il venait de se dérouler. « Je pense qu’il est de bon ton de vous souhaiter un bon appétit. » Sans une autre pointe de formalité, je piquais du bout de la fourchette une chips avant de la glisser entre mes lèvres, l’œil malicieux. J’étais convaincu que cela ne la surprendrait pas plus que cela, mais j’avais dans l’espoir d’avoir suscité un minimum de surprise tout de même. Elle avait probablement vu des choses beaucoup plus trépidantes, mais était-ce vraiment cela le plus important ? Je m’amusais comme un petit fou et, j’espérais qu’il en était de même pour elle. Dans le cas contraire, il faudrait simplement se fendre d’un Tout le plaisir fut pour moi, au sens littéral des termes. Alors que je finissais ma première bouchée, en quête du sel pour assaisonner davantage le plat, je me permis de glisser quelques mots pour rompre le silence. « Alors ? Que vient donc chercher une jeune femme comme vous au cœur de Londres ? Ce n’est probablement pas pour le plaisir de découvrir tous les cabarets de la ville, si ? »
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Yuria Shinin

Drogué

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MessageSujet: Re: Le Diable s'habille en strass ET Prada   Mar 28 Juil 2015 - 22:10




Allez Yuyu, arrête d'embêter le monsieur et de titiller ses pulsions 'naturelles'. C'est vil et mesquin.

« D’habitude ça marche… Dommage. C’est peut-être la raison pour laquelle je ne mérite que les petits cabarets. »

Elle ne put retenir un franc éclat de rire.  

« Mais, de vous à moi, je ne m’attendais pas à ce que vous tombiez dans mes bras au premier tour de cartes. Peut-être le deuxième ? »

Ouais, jusqu'à cette remarque. Que tu avais un poil cherchée, Yuria. Sois réaliste, enfin.
Le sourire de la jeune femme se fit plus 'prédateur', et se détendit lorsque le plat arriva. Nulle surprise pour elle de découvrir la carte, mais (pauvre serveur) c'était tout de même un petit tour bien drôle. Bien ficelé. Et elle s'attendait à quelque chose comme ça.


« C’était donc vous qui aviez subtilisé la bonne carte ! Petit mécréant ! Mais c’est gentil de nous la rendre, apparemment mademoiselle commençait à avoir le temps long. »

Nouvel éclat de rire de la jeune femme :

"Vous savez soigner vos effets et surprendre les pauvres serveurs, c'est sûr. Mais je l'admets, joli tour."

Mon Dieu. Le ciel va sans doute s'écrouler pour qu'elle ait admis cela.
Il était évident qu'il s'amusait autant qu'elle. Cela teinta un bref instant ses yeux gris-bleu d'une certaine nostalgie à la mémoire de son ancien ami disparu, qui, quoi que complètement timbré, était capable de rire et de s'amuser aussi ouvertement également...


« Alors ? Que vient donc chercher une jeune femme comme vous au cœur de Londres ? Ce n’est probablement pas pour le plaisir de découvrir tous les cabarets de la ville, si ? »

La question attendue, mais qui la surprit tout de même un peu.
C'est l'heure du bluff... là tout de suite maintenant, dans ce coin un peu retiré où aucun autre client ne leur prêtait plus attention à présent. Lumière tamisée, effet parfait pour une réponse qui se devait de l'être tout autant.
Et surtout, steak & kidney pie à dévorer, même si cela semblait incongru pour un 'être comme elle'.

Elle sourit de manière mystérieuse et répondit :


"Je suis chasseuse de têtes pour une entreprise en France. Egalement là en vacances, quelque part.", coup de fourchette rapide, puis : "Je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un comme vous ici. Mais je vous l'avoue franchement... je ne suis pas certaine que vous fassiez réellement l'affaire."

Mouah ah ah. Prends donc ça, vile quenouille.

"Et vous alors ? N'avez-vous vraiment jamais rêvé d'autre chose que du charme vieillot de ces cabarets anglais ? Quelque chose du genre plus... chatoyant peut-être ? Je connais l'endroit parfait pour un spectacle des plus réussis - de n'importe quel ordre."

Roh Yuyuuuu ! On avait dit arrête de titiller le monsieur, ou ça va mal finir !


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MessageSujet: Re: Le Diable s'habille en strass ET Prada   Mer 29 Juil 2015 - 19:18



Aussi étonnant que cela pouvait le paraitre, j’étais presque convaincu que le tour de magie ne la passionnerait pas, voire que, sans l’ombre d’un doute, elle savait qu’elle allait retrouver sa fameuse carte à un endroit incongru. C’était un peu frustrant, mais cela en disait déjà un peu sur elle. Une personne qui ne s’émerveillait plus des tours de cartes était une personne qui était passé par un chemin bien tortueux pour en arriver là. Chacun était à même de décider s’il abandonnait son regard d’enfant, mais la magie avait généralement toujours son petit effet d’émerveillement et lorsque ce n’était pas le cas, il fallait y voir quelques conséquences généralement assez terribles. Enfin, ce n’était pas une raison pour arrêter le tour, sans quoi elle aurait très bien pu me prendre pour un magicien de pacotille et ça, quand même, ça n’était pas une bonne chose. Il était aussi, étonnement, agréable de l’entendre rire. A vrai dire, je ne m’en étais pas tout à fait rendu compte sur le moment, mais elle ne semblait pas du genre à rire facilement. Et vu sa façon de considérer mes petits tours, cela augmentait, en quelque sorte, ma curiosité à son égard. Était-elle plus écornée qu’on ne pourrait le penser ? Il était difficile de penser cela au premier abord, car, malgré tout, elle donnait plus que le change, que ce soit physiquement ou verbalement. Mais l’apparence était un art que beaucoup arrivaient à maitriser pour masquer les évidences, masquer les fissures, les fêlures. Devait-on voir sous ce joli minois une terrible histoire ? Généralement, les Vampires n’étaient pas forcément de ceux qui avaient eu la meilleure existence du monde, après tout, leurs transformations sont… disons… délicates. Mais ceux qui peuvent s’y faire, apprennent souvent bien rapidement à profiter de l’ensemble des avantages qu’offre une telle nature, malgré les légers inconvénients.

A l’imaginer ainsi, c’était alors presque une réussite personnelle que de la voir rire aussi franchement. Il ne fut pas difficile de s’apercevoir de sa réaction à ma remarque sur l’éventualité de la séduire. C’était un peu le fil rouge de cette rencontre, une idée sous-jacente qu’elle avait elle-même amené dès le début de notre conversation et qu’elle se plaisait, apparemment, à ramener de temps en temps. Bien sûr, à la croire, ce n’était pas absolument son intention, mais à forcer de me piquer encore et encore à ce sujet, il y avait de quoi commencer à douter des réels sens de ses mots. Ou peut-être avait-elle une idée de ma propre nature – d’Incube, bien entendu – et essayait-elle de me provoquer sur ce terrain-là ? C’était une possibilité, mais potentiellement risquée pour elle, même si je ne doutais pas qu’elle serait capable de se défendre si cela devenait nécessaire. Qu’elle ne fut pas surprise par l’arrivée de la carte ne me surprit guère non plus, compte tenu de tout ce que j’avais pu entrevoir d’elle jusqu’à maintenant. Mais au moins avais-je gagné un éclat de rire. « C’est gentil, mais je pense que le joli tour serait d’arriver à vous surprendre, ce qui, apparemment n’a pas encore été le cas. Il va falloir que je m’améliore. » J’haussais les épaules négligemment, mimant un ‘tanpis’ et piochais dans mon assiette pour honorer mon plat qui, avouons-le restait bien meilleur lorsqu’il était chaud. Et si la cuisine anglaise ne possédait pas une quantité astronomique de plats chauds délicieux, ceux-ci le restaient rarement une fois froids. Enfin, cela ne devait pas m’empêcher de vouloir en apprendre plus sur cette fameuse Yuria qui m’intriguait encore davantage. Il me serait probablement impossible de savoir beaucoup de choses sur elle, mais, comme le disait l’adage, qui ne tente rien…

La première question était facile, presque trop, mais basique. Et il faut bien commencer par quelque part, alors autant commencer en pente douce pour ne pas risquer de glisser tout de suite. Son sourire me laissa songeur quelques instants tandis que je buvais une gorgée de lait pour faire passer une bouchée de poisson. Quant à sa réponse, elle m’intrigua au plus haut point. Chasseuse de têtes ? Mais que pouvait-elle bien chasser ? Sa petite pique ne manqua pas de m’amuser et je lui rendis un sourire malicieux. « Vous me voyez attristé de l’apprendre… Peut-être pourrais-je me rattraper d’ici la fin du dîner. » Malheureusement, je ne pus pas enchainer sur une question qui me brûlait les lèvres. Quelles têtes chassait-elle exactement ? Enfin, elle avait le droit à une question elle aussi. C’était ainsi que fonctionnait le jeu, non ? Et la sienne ne manquait pas d’intérêt non plus. Je finissais quelques frites avant de fixer son regard d’un si adéquat gris-bleu. « J’ai connu d’autres endroits, plus chatoyants. Mais, ce n’est pas une mauvaise chose de changer un peu de temps en temps. Il faut savoir varier les plaisirs – de n’importe quel ordre. » Je m’étais légèrement penché en avant pour finir ma phrase avant de me redresser, un sourire innocent au bord des lèvres avant de reprendre une bouchée de mon assiette. Il était dangereux de m’attirer sur ce terrain-là, mais elle devait en être parfaitement consciente. « Ainsi donc vous cherchez des gens… Voilà qui est curieux comme métier, enfin probablement pas plus que celui qui consiste à faire des tours de cartes, probablement. Et que cherchez-vous, exactement, comme têtes ? » La logique voudrait que l’on pense au mannequinat, ou alors au cinéma, mais quelque chose me disait que l’on était loin du compte avec de pareilles idées.
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Yuria Shinin

Drogué

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MessageSujet: Re: Le Diable s'habille en strass ET Prada   Mer 29 Juil 2015 - 20:01




Séance de psychologie personnelle. Regarder droit dans le miroir. Faire la grimace, ou sourire.
Troisième option, tout refuser en bloc, et le briser.
Les images ne sont pas toujours plaisantes, particulièrement les images passées, mais qui sait - celles à venir seront peut-être mieux.

Le problème de la jeune femme, problème que, évidemment, le Grand Patron du 'sous-sol' avait décelé, c'était que sa mémoire revenait peu à peu ces derniers temps. Solitaire par choix, satisfaite de la vie libre qu'elle menait, Yuria n'avait pas besoin de beaucoup pour être contentée.
Mais ces 'vacances' étaient nécessaires.


« C’est gentil, mais je pense que le joli tour serait d’arriver à vous surprendre, ce qui, apparemment n’a pas encore été le cas. Il va falloir que je m’améliore. »

Et voilà que pendant cet agréable 'séjour' au pays de la pluie et de la nourriture un poil douteuse (cela dépendant des restaurants...), elle tombait sur un apprenti psy ? Ou du moins, quelqu'un qu'elle intriguait ? Ca, ce n'était pas commun.

Mais elle ne s'était jamais rendue compte de l'effet qu'elle pouvait avoir sur les autres, pas plus qu'elle ne cherchait à le savoir.
Quelque chose en elle était mort il y avait un moment, et il lui était à présent difficile de se comporter comme les êtres vivants qu'elle côtoyait jour après jour.
Emotions. Rire. Pleurer. Se mettre en colère. Et tout le panel compliqué typique de ces bouts de chair et de sang.
Elle n'avait aucune raison de ressentir, et encore moins de montrer cela.

Elle disait rarement ce qu'elle pensait, se cachant constamment derrière un masque blasé ou ironique.
C'était plus facile. Pour tout le monde.
Parfois, il lui venait l'envie saugrenue de balancer tout ce qu'elle avait sur le coeur - ou alors, 'juste' le trop-plein, de s'en débarrasser. Mais elle ne se le permettait jamais. Pas d'émotions. Pas de trop-plein. Pas de fardeau.
Pour certains, il s'agissait de gueuler plus fort que l'autre jusqu'à lui en faire oublier la raison de son coup de gueule. Pour d'autres, c'était de souffrir tellement, de tout garder en soi qu'il fallait se taillader cruellement et tâcher de tout faire sortir. Mais cela marchait rarement.

Pour elle, c'était un silence buté, quelque part. Une fenêtre unique dans son inconscient, qui n'était visible et accessible que d'elle-même.
Personne, jusque-là, n'avait jamais réussi à atteindre cette fenêtre, à la faire s'ouvrir. Et elle ne le voulait pas.


« Vous me voyez attristé de l’apprendre… Peut-être pourrais-je me rattraper d’ici la fin du dîner. (...) J’ai connu d’autres endroits, plus chatoyants. Mais, ce n’est pas une mauvaise chose de changer un peu de temps en temps. Il faut savoir varier les plaisirs – de n’importe quel ordre. »

Cette phrase à double sens la tira des pensées lancinantes qui commençaient à reprendre le dessus de son inconscient.

Pour elle, c'était un signal de danger. Il lui fallait clore tout cela, de n'importe quelle manière, au plus vite.
Le jeu n'était pas réellement fini, mais les règles avaient changé et Yuria devait se protéger elle-même à présent - pour s'être laissée aller un une partie un peu trop passionnante. Et elle le savait, il avait su partiellement lire son jeu.

Avantage, 'Jack'. Balle de match.
Il lui fallait à présent jouer serré. Ou... cartes sur table.


« Ainsi donc vous cherchez des gens… Voilà qui est curieux comme métier, enfin probablement pas plus que celui qui consiste à faire des tours de cartes, probablement. Et que cherchez-vous, exactement, comme têtes ? »

De par le peu d'informations qu'elle avait réunies sur lui, elle savait qu'il en avait contre le HWI. Comme pas mal de démons.
Peut-être que c'était son unique chance. Ou bien allait-elle prolonger l'échange ?

Sens de la négociation et de la conviction développés. Bonne capacité d’expression orale et écrite. Intuition et sens psychologique. C'est ce que l'on demandait des 'chasseurs de têtes'. Des recruteurs. Même de ceux du HWI.
Il ou elle débusque les cadres talentueux où qu’ils soient, le plus souvent déjà en poste. Puis il ou elle met toute sa force de persuasion à convaincre ces oiseaux rares qu’un nouveau job, plus intéressant et mieux rémunéré, leur tend les bras. Tout un art.
Un art. La bonne blague.

Sourire glacial et regard transperçant de la jeune femme, cette fois :


"On m'a envoyée ici pour recruter des personnes qualifiées dans le domaine du paranormal. Humains, comme créatures... ou démons. Je ne travaille pas vraiment avec eux ni pour eux. Disons simplement que nos buts se ressemblent, et qu'il faut bien manger aussi.", bref silence. "Je suis envoyée par le HWI. Et je vous ai trouvé presque par hasard... petite tête."

Le repas était fini de toute manière, elle venait de payer et il était temps de sortir puis rappeler un taxi - en commun ou non.
Il était aux alentours de 22h, et il pleuvait encore.

Jeu, set et match.



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MessageSujet: Re: Le Diable s'habille en strass ET Prada   Jeu 30 Juil 2015 - 13:15



Je savais que dans le jeu qui nous opposait tous les deux, je commençais à prendre l’avantage. Beaucoup de choses m’échappaient désormais et même si je parvenais à obtenir quelques informations sur cette jolie demoiselle qui me faisait face, j’étais convaincu, qu’au bout de cette soirée, je n’apprendrais pas assez pour en être satisfait mais probablement suffisamment pour être réellement intrigué. La dénommée Yuria cachait extrêmement bien son jeu et même si j’avais réussi à jeter un coup d’œil à travers une faille, celle-ci ne m’offrait pas de bien larges perspectives, mais juste assez pour me donner envie de passer de l’autre côté du mur. Ce que, bien entendu, elle ne semblait pas disposée à laisser arriver. Un peu de challenge serait de mise pour parvenir à poser les pieds là où elle n’acceptait probablement personne. C’était plus que tentant, extrêmement tentant en réalité, trop tentant malheureusement. Et je savais que je n’allais pas pouvoir résister bien longtemps à cette tentation. En plusieurs centaines d’années d’existence, je pouvais affirmer qu’il n’était pas commun de tomber sur une personne aussi intéressante, laisser passer l’opportunité de savoir ce qui se cachait sous ce masque était tout simplement impossible, inapproprié. Mais tout comme Rome, cela ne se ferait pas en un jour, et encore moins en un soir. Malheureusement, rien ne semblait indiquer que nous allions nous revoir. Elle ne semblait ni intéressée, malgré ses petites piques, par la perspective d’une aventure, ni par mes petits tours. Ce qui laissait toujours planer le doute sur les réelles raisons de sa présence ici. Mais, en fin de compte, quelque chose me disait que ce n’était pas nécessairement de bon augure. Cependant, si la méfiance était de mise, je ne voyais aucune raison de continuer notre petite affaire pour le moment.

Et même dans le cas où ce diner avait été transformé en entretien d’embauche potentiel – où j’avais visiblement failli, d’une façon ou d’une autre – je ne voyais pas de raison de laisser de côté ce petit avantage que je semblais avoir sur la Vampire. Quel Démon passait à côté d’une occasion de s’amuser ? Pas moi, en tout cas. Profitant de mon fish’n’chips, je l’observais, chacune de ses coutures, et, il fallait bien l’admettre, elle n’était vraiment pas désagréable à regarder. Ses yeux gris-bleu tranchaient avec sa crinière de flammes mais le tout était harmonieusement désirable. J’avais généralement une préférence pour les yeux aux teintes d’un vert sombre, mais ses préférences-là n’entraient plus vraiment en ligne de compte. Cependant, quelque chose devait changer ce diner plutôt sympathique, ou du moins savoureux, en quelque chose de bien moins aguicheur. J’avais d’abord eu un soupçon de méfiance lorsqu’elle avait plus ou moins changé de regard, ses iris bleutés prenant, paradoxalement, une teinte plus glacée. Était-ce parce que la mort elle-même, d’une certaine manière, tentait de me contempler ? Le mot paranormal me figea et je reposais docilement mes couverts sur l’assiette. Pour être honnête, j’avais déjà une petite idée de ce quoi elle nous emmenait et j’étais convaincu que cela ne me plairait pas de l’entendre. Néanmoins, cela mettait en lumière quelques points de cette discussion et les raisons de notre présence ici. Le HWI arriva finalement sur la table. Quelle ironie. Voilà que j’avais trouvé quelqu’un de potentiellement intéressant et il fallait qu’elle fasse partie de cette organisation. Certes, elle s’était défendu d’y appartenir, se contentant de préciser qu’elle ne faisait que travailler pour eux à l’occasion pour se nourrir. C’était peut-être même la vérité, même si, pour le coup, je n’étais de toute façon pas convaincu de vouloir en savoir plus. C’était dommage, elle me plaisait beaucoup cette fille-là…

Même sa petite pointe d’humour ne me fit pas sourire et, pour être honnête, je savais que mon regard n’avait plus rien de malicieux ou de séducteur. Mieux valait terminer ce diner au plus vite et ne pas aller plus loin. Pour mon bien, comme pour le sien, paradoxalement. L’addition fut payée et je veillais à offrir les verres, comme je le lui avais proposé. HWI ou pas, cela ne m’empêchait pas d’être un minimum gentleman malgré tout. Disons que, c’était le juste retour pour cette soirée qui, jusqu’à maintenant, n’avait pas été désagréable. Au vestiaire, je pris son manteau des mains de l’employée du restaurant pour le poser sur ses épaules, notant au passage la présence d’un charme. Que cachait-elle là-dedans ? J’esquissais un sourire avant de lui ouvrir la porte pour aller dehors, où la pluie continuait de battre le pavé à un rythme doux et régulier. Alors qu’elle héla un taxi pour rentrer, je m’approchais d’elle et attrapait son autre main, délicatement mais assez fortement, avant de poser l’autre sur sa joue, nos regards se croisant immédiatement. La surprise serait mon alliée mais pas très longtemps. « J’ai passé une excellente soirée, jusqu’à maintenant. Mais, croyez-moi, que vous travailliez ou non pour eux, il vaudrait peut-être mieux pour vous que nous ne nous recroisions pas de si tôt. » J’esquissais un sourire, un peu prédateur, laissant glisser ma main sur sa joue avant de m’écarter d’elle et de partir à pieds. Sans me retourner, je levais une main. « Adieu, alors. Yuria. » Adieux oui, car son intérêt ne la sauverait pas une prochaine fois. Malheureusement, cette rencontre imprévue levait beaucoup d’interrogations dans mon esprit. Si le HWI s’intéressait à moi, cela ne pouvait pas être bon, pas bon du tout…
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Yuria Shinin

Drogué

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MessageSujet: Re: Le Diable s'habille en strass ET Prada   Jeu 30 Juil 2015 - 13:36




C'était totalement à prévoir.
Son visage, son expression et son attitude changèrent radicalement dès lors qu'elle mentionna le HWI.
C'était bien ce qu'elle cherchait, non...?

Un autre souvenir fit irruption dans son esprit alors qu'il lui mettait son pardessus sur les épaules, la laissant figée sur place - ici, à Londres, sous la pluie  et en-dehors de ce restaurant.
Quelque chose de froid, de mortel. Quelque chose qu'elle mettrait bien du temps à comprendre.

Néanmoins, la soirée ici était finie. Le jeu stoppé, et personne n'avait réellement gagné.


« J’ai passé une excellente soirée, jusqu’à maintenant. Mais, croyez-moi, que vous travailliez ou non pour eux, il vaudrait peut-être mieux pour vous que nous ne nous recroisions pas de si tôt. »

Elle revint à la réalité brusquement, sentant la main du démon glisser sur sa joue.
Le coeur de Yuria se serra douloureusement.
Qu'est-ce que c'était que cela...? Un semblant de regret ?
Etrange...


« Adieu, alors. Yuria. »

Elle eut l'expression sans doute la plus neutre de toute cette soirée, à ce moment, et se contenta de répliquer avant de s'engouffrer dans le taxi :

"Prenez soin de vous. Je ne sais pas si on se reverra, mais vous m'avez fait oublier pendant quelques heures à quel point la vie était ennuyeuse. Je vous regretterai... 'Jack'."

Sachant parfaitement qu'en lui dévoilant les raisons de sa venue et de son intérêt pour lui, elle avait déjà enclenché le reste.
Une troupe de Traqueurs de l'Ombre ainsi que d'agents du HWI spécialisés dans la capture n'allaient sans doute pas tarder à arriver, à le localiser, le capturer et le ramener au 'sous-sol'...

Qui étaient-ils, pour décider aussi arbitrairement de l'avenir d'êtres comme lui ?
Après tout, elle-même était plus proche du démon que de l'humain, et pourtant elle vivait libre.
Elle était dégoûtée par ce qu'elle avait à faire, par ce qu'elle venait de faire.
Et c'était ce genre de décisions qui l'avaient toujours poussée à vivre en-dehors du HWI, à les 'tolérer' plus qu'en faire totalement partie. Mais comme elle l'avait dit, elle avait besoin de cela pour vivre...
...surtout dans ce monde.

Se sentant un peu étrange émotionnellement parlant, elle s'assit dans le taxi et ordonna au conducteur de la conduire à l'hôtel, pas loin du St Pancras International. Elle jeta un coup d'oeil à sa montre et s'aperçut qu'il lui restait environ deux heures pour plier bagage et faire cesser cet agréable séjour ici.
Finies les vacances.
Et au vu de sa dernière réaction, boujour les Labos du 'sous-sol'. Il lui fallait faire quelque chose, et déchirer ce voile épais de silence qui reposait sur ses souvenirs, comme un linceul poussiéreux.

Oh, elle n'espérait pas que sa vie change après cela.
Et elle se tiendrait bien à l'écart de la section des Avatars. Car ce démon était dangereux. Il avait presque percé ses défenses, et lui avait donné envie de changer.
Et cela, pour elle, c'était juste intolérable, inacceptable.








[SUJET TERMINE, SUITE ICI pour Yuria
SUITE ICI pour Aaron]


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