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 L'Opéra Hanté

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MessageSujet: L'Opéra Hanté   Dim 18 Nov 2012 - 4:15

[SUITE DE CE SUJET]




Christobel sortit du bureau du directeur la tète pleine de tel ou tel détail de sa mission. L'Indiana. Elle construisait mentalement une liste de ce qu’elle devait emmener et acheter. Parce que tout le monde de ne serait pas aussi indifférent a la mise que le drole de type qui trônait dans son fauteuil dictatorial. Elle devait interroger des gens qui ne serait sans doute pas enclin a parler a une tète de vagabonde dans son genre. Un costume un peu rigoureux, donc. Et elle devait faire quelque chose pour ses cheveux. Ils étaient abimé et rêches. Elle avait guère le temps de passer au salon de coiffure, donc... bah. Pour le moment, un bon shampoing suffirait. Elle avait pas le temps pour plus. Ca les changerait de l'habituel lavage au savon volé dans les hôtels bas de gamme ou elle s’arrêtait.

C'est donc une jeune femme en un peu meilleur état qui sortit du RER a l'aéroport de Charles de Gaulle. Fout ce qu'un jean neuf, une chemise noir et une veste la privait de son air de clocharde. La, elle avait juste l'air un peu dépressive. Ou gothique ayant été menacée de licenciement si elle se restreignait pas un peu. Elle s'isola dans un coin afin de faire bruler une offrande constituée d’un steak et d’un peu d'encens. Zeus n'avait en général rien contre sa lignée en particulier, mais... mais on n’est jamais trop prudente. C'est susceptible ces bestioles.

Une fois de plus, elle maudit les abrutis qui s'étaient amusés à dégommer des tours en avions, deux ans plus tôt. A cause de ca, ces abrutis de controleurs refusaient qu'elle rentre en cabine avec son pique à cheveux. C'était juste un accessoire de coiffure, merde! Oui, bon, c'etait aussi une épée, mais ca les mortels l'ignoraient. Et si elle devait etre tout à fait honnête, rien ne l'empêcherait de l'avoir dans sa poche pendant le vol. N'empêche, jeter l'épingle de Mildred dans la poubelle des agents de sécurité était une épreuve psychologique atroce. Néanmoins, elle devait le faire. Parce qu'elle ne pouvait pas prendre l'avion avec. Et que sans l'avion elle ne partait pas chasser le fantôme. Et que ne pas chasser le fantome, c'était abandonner Mildred encore. Non Elle ne voulait pas voir ca. Elle ne voulait pas encore voir Millie s'envoler. Non. Non! Non... Ce n'était réel. C'était il y a longtemps. Elle devait abandonner Millie pour retrouver Millie. NON ! Lâcher l’épingle pour retrouver Millie. Ce n'était pas un vrai abandon. Juste quelques minutes. Secondes!

Elle desserra le point. L'épingle de bronze tomba dans un tintement métallique. Christobel s'engouffra sous l'arche, sans la faire sonner cette fois. Pressant le pas pour fuir ses souvenirs, elle en oublia son sac qu'un gentil agent de sécurité lui rapporta en trottinant. Il lui offrit quelques mots réconfortants avant de lui offrir un élastique, pour attacher ses cheveux à la place du pique. Un brave type.

Elle plongea les mains dans ses poches, serrant fermement le pique a cheveux qui y était docilement retourné.

L'enquêtrice en probation ne vit pas passer le voyage à relire le dossier et les manuels qu'un gentil technicien avait glissé dans son sac. Elle avait jamais été très nouvelles technologies mais ca ne s'était pas arrangé quand elle avait commencé a économiser ses centimes. Du coup, elle n’avait jamais mis la main sur un caméscope, en fait. Elle fit quelques tests dans l'avion, plus ou moins satisfaisants, d'ailleurs, mais bon. De toute façon, ca c'était surtout pour le rapport. Elle ne se voyait pas trop compter sur la camera infrarouge et tous ces trucs pour savoir si cette baraque était hantée. Elle ferait comme d'habitude, avec ses tripes.


******************************************************************


Ses tripes hurlaient... rien du tout. Cette bicoque était pas plus hanté qu'une autre, elle n’avait pas un doute la dessus. Bon. La jeune femme jeta son sac sur son épaule été fis demis tour... deux fois. Bizarrement, elle sentait que si elle balançait un simple "y a rien" à Sha Renkyô, elle allait se trouver à la porte. Et il n’aurait pas tord d'ailleurs.


******************************************************************


Ses affaires posées dans la petite chambre de l'opéra, Christobel descendit dans la grande salle d'opéra. Comme elle s'y attendait, un groupe de jeunes gens répétaient quelques pièce lus ou moins sans intérêt. Oui, elle était un peu dure. Mais les lieux de théâtre la foutaient toujours un peu mal à l'aise. Elle ne pouvait s'empêcher de se retrouver projetée dix ans en arrière, au camp, au milieu des répétitions de pièces qu'ils interprétaient, avec ses demi-frères et sœurs.... Rageusement, elle repoussa le passé en arrière. Le théâtre, c'était le passé. Point.

Elle alla s'installer prés du metteur en scène, un gamin monté en graine à peine plus vieux que ses ouailles, s’il n'avait pas carrément le même âge. Franchement... Franchement, ce n’était pas à elle de donner son avis sur la direction d'une troupe d'étudiants de l'Indiana. Elle attendit un moment, remarquant très bien qu'elle ne mettait pas précisément le gamin a l'aise par sa présence (Enfin, gamin... ils avaient approximativement le même âge, mais Christobel ne se sentait pas jeune. du tout. Si vous lui demandiez, elle vous répondrait qu'elle avait déjà vécu beaucoup trop d'années. Oui oui, a 24 ans. Et oui, c'est pitoyable).

Ignorant totalement les coups d'œil de plus en plus agacés du metteur en scène, Christobel attendait patiemment la fin de la répétition. Pas particulièrement par respect, mais juste pour mettre mal a l'aise le gosse. Ca marchait bien, d'ailleurs. Plus ca allait, plus il tapotait vite son stylo contre son nez et plus il se mettait à se tortiller sur son siège. Finalement, il se tourna vers elle pour cracher:

"QUOI?!"

"Mr Newton?"

"C'est moi. Qui êtes vous pour nous interrompre de la sorte?"

Christobel haussa un sourcil amusé. Tout le monde ici était conscient du fait que ce n'était pas elle qui avait interrompu la séance de travail.

"Christobel Ethelbald. La chasseuse de fantôme, on a du vous parler de moi, nan?"

De manière comique, cette information sembla calmer la colère du garçon.

"Ah, euh... Attendez la fin de la répétition, alors."

"Très bien"

Contrairement aux apparences, la démarche n'avait pas été inutile. Elle avait forcé l'étudiant a sortir de sa situation confortable de local en le mettant mal a l'aise, en le forçant a interrompre sa propre répartition et en restant bien plus calme que lui. Elle avait la main mise sur la situation. Ce qui était une bonne chose vu qu'elle soupçonnait très fort ce mec d'etre a l'origine de ces histoires de fantôme. En temps que metteur en scène il était probablement a la tète du groupe, il était présent a toutes les manifestations et c'était lui qui avait vu la plus impressionnant d'entre elle, la soit disant tète barbue. La seule grosse chose qu'il avait raté, c'était le verrouillage de porte de Mrs Cowling. Un trucage fantomatique extrêmement dur à réaliser. Ca demande une clé. Waaaaaaah. Dur dur.

La troupe repris tranquillement ses exercices d'impro. Malgré sa volonté, Christobel ne put s'empêcher de revenir à l'époque du camp. De temps en temps, ils organisaient des matches d'impro, fratries contre fratries. Les enfants de Dionysos étaient évidement les meilleurs a ce petit jeu, et les jumelles étaient encore meilleures, se comprenant d'un regard, ayant les même idées bizarres en même temps...

"...bald?"

Le regard vide de la jeune femme refocalisa sur le présent. Ils avaient finit apparemment. D'un geste négligent, elle effaça une larme et se leva:

"Oui, donc! Vous me faites visiter?"

Zeus qu'elle haïssait se laisser surprendre a pleuré. A pleurer ou autre chose d'ailleurs. Mais pleurer particulièrement. Peut etre a cause de la prophétie. Peut etre était-ce une petite rébellion contre ce destin inique. Elle ne voulait pas pleurer. Jamais. Même si intérieurement, ses veines ne charriaient que des larmes.

En tout ca Newton ne fit aucune remarque, que ce soit par gentillesse ou par indifférence, c'était bien. Parce qu’elle se serait braquée. Mais elle avait sans doute perdu son avantage. En tous cas il lui servit un immense sourire de vendeur de voiture.

"La visite surnaturelle, je présume?"

L'enquêtrice lui rendit son sourire décapsuleur:

"What Else?"

Et Garret Newton comment ca à lui faire le grand tour de maison hanté. Lui développant chaque horrifique manifestation de l'au delà. Ce type faisait un conteur ultra classe. Il devrait s'orienter dans cette voix. Elle le voyait bien faire la voix off dans des films un peu flippants. Sérieux, il avait un vrai talent.

Il lui présenta aussi les quelques privilégiés de son groupe qui avaient eu droit à être témoin de phénomènes un peu plus évolués que des simples coups contre le mur. Une Bimbo apparemment pressé d'aller jouer au strip scrabble dans sa chambre, un type qui regardait Newton avec les yeux émerveillé du cocker con pour son maitre adoré et une jeune fille un peu a l'écart du groupe qui ne pouvait empêcher de rentrer les épaules quand il lui parlait. Donc, une petite amie, un adorateur et une victime. Sérieusement, c'était QUI le type qu'était passé avant elle? Ce type était un charlot. Et Newton, un escroc en herbe.

A la fin de sa visite elle prétendit une fatigue et le décalage horaire avec la France pour regagner sa chambre (Le décalage horaire, tu parles! Elle avait passé quoi? 24h à Rouen? Hin hin hin). Newton la raccompagna donc a la petite chambre avec une galanterie condescendante. Christobel détestait la galanterie. Elle la tôlerait avec difficulté quand il le fallait mais détestait ca. Soit elle avait l'impression que l'homme essayait de la draguer, ce qu'elle détestait, soit elle avait l'impression que l'homme la voyait comme une petite chose fragile, ce qu'elle détestait encore plus. Peu importait qu'elle ais effectivement l'air d'un chat de gouttière toiletté par surprise (ce qui était, a proprement parlé en partie vrai d'ailleurs).

Même si elle n'était pas à l'heure française, elle se força à se coucher et à dormir. Mais avant, elle déposa la caméra infrarouge et le détecteur de champs magnétiques en direction de la porte. Elle planqua également une caméra entre deux poutres en direction de la porte. Ils la verraient peut etre, mais sait on jamais. Enfin, elle procéda à un petit bricolage avant de rejoindre les bras de Morphée...


******************************************************************


Le Cliquement de la serrure la réveilla instantanément, l'épée à la main. Oui, la porte, les capteurs, les petits cons d'étudiants, tout ca. Avec la célérité d'une guerrière qui a craint pour sa vie plus de la moitié de celle ci, Elle atteint la porte désormais verrouillée, mais qu'elle ouvrit sans rencontrer la moindre résistance. Faut dire qu’elle avait dévissé la gâche de la serrure et que le scotch offrait en général bien peu de résistance à une guerrière en plein rush d'adrénaline.

De surprise, Garret Newton passa de accroupis devant la serrure à allongé par terre avant même que Christobel n'ai besoin de le pousser. Elle se jeta néanmoins sur lui, atterrit le genou sur son estomac, le choppa par le col et pointa sa lame à deux centimètres de sa gorge. (Oui, piquer sa gorge et faire perler une goutte de sang aurait été super awesome, sauf que... L'épée était incapable de toucher le mortel donc... Restons dans l'intimidation, hein?).

"Mais quel joooli fantôme avons nous là..."

"Vous... Vous êtes cinglée!"

"Je ne verrouille pas les gens dans leur chambre en pleine nuit pour faire croire qu'une vielle bâtisse est hantée, moi..."

"Je... Je... "

"Oh, pitié. Épargne-moi les excuses à deux balles. J'aime pas me déplacer pour rien."

"Vous avez une ÉPÉE!"

"Très fort Sherlock. Bon... C'pas confortable, tous ca. Vous savez ce qu'on va faire? On va se relever, vous allez venir écrire une joooooooolie confession, la signer et on va retourner dormir tous les deux, ok? Je suis sure que votre Jess vous attend."

Le regard de l'étudiant passa plusieurs fois de l'épée au regard hanté et émacié de la chasseuse de fantômes. Cette fille était folle. Ca se voyait. Mais elle était aussi futée. Ca faisait plus d'un an qu'il bluffait toute la ville, plus une équipe de chasseur de fantomes et cette fille l'avait découverte en quoi... Douze heures, même pas? Mais d'un autre coté, ca allait lui faire du tord, tout ca... Il tenta de se dégager et découvrit vite que ce n’était pas une bonne idée. Plus précisément, le pied botté (Cette fille dormais botté? Sérieusement???) correspondant au genou dans son estomac s’enfonça douloureusement dans ses parties. Bah... C'était juste quelques farce, après tout, hein? Il l'avait quand même pas joué Salem, y avait pas mort d'homme, hein? Ha ha ha...


******************************************************************


Quelques heures plus tard, la fille de Dionysos dormait profondément dans l'avion qui la ramenait en France, les aveux de l'escroc soigneusement consigné dans un rapport court mais aussi complet qu'elle avait pu.




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