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 Mythologie celte

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Sha Renkyô

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MessageSujet: Mythologie celte   Ven 12 Sep 2008 - 22:50

Alors que la civilisation celtique a essaimé dans une grande partie de l’Europe, c’est en Irlande et en Gaule que l'on trouve la plus importante documentation. Les sources irlandaises sont essentiellement littéraires, rédigées à une époque tardive et lacunaires.


Rappel historique

L’expansion de l’Empire romain, tant en Gaule que dans l’île de Bretagne, a provoqué l’acculturation des sociétés celtiques, à partir du Ier siècle av. J.-C., qui ont progressivement adopté la romanisation. L’Irlande n'a pas été envahie par les Romains et son insularité a préservé sa spécificité.

La société se divise en 3 classes, obéissant en cela à l’idéologie trifonctionnelle des Indo-européens :
* la classe sacerdotale, composée des druides, bardes et vates
* l’aristocratie guerrière, dirigée par le roi
* les producteurs-artisans et accessoirement des prisonniers de guerre et des esclaves

Si le roi possède la souveraineté, il ne peut agir sans l'avis des druides, qui ont effectivement le pouvoir absolu sur tous les aspects de la vie des Gaëls. Les druides (« les très savants », selon l’étymologie), sont des théologiens, des juristes, des historiens, des philosophes, etc. Ils ont la charge d’administrer le sacré, donc la religion.
Le rôle du roi est de garantir la prospérité et de procéder à la redistribution des richesses. Les producteurs (artisans, agriculteurs et éleveurs) ont la charge de pourvoir aux besoins de l’ensemble de la société.


Au Ve siècle, le christianisme va supplanter l'antique religion. Si les relations de l’œuvre de saint Patrick et de ses disciples sont hagiographiques et non historiques, il n'en demeure pas moins que la conversion de l’Irlande n’a pu se faire par celle de la classe dirigeante. Ce qui explique l’originalité du christianisme celtique au Moyen Âge.


Sources

C’est au monachisme irlandais que l’on doit la conservation de la mythologie préchrétienne. Quand la tradition orale, transmise de génération en génération, s'est trouvée désacralisée, les clercs ont entrepris un important travail de retranscription. C’est ainsi que nous disposons d’une documentation abondante mais lacunaire, que les chercheurs contemporains divisent communément en quatre groupes littéraires :

* le Cycle mythologique comprend le Cath Maighe Tuireadh, qui relate les guerres entre les Fomoires et les Tuatha Dé Danann et le Lebor Gabála Érenn, une compilation de l’histoire mythique des occupations de l’Irlande. Le Tochmarc Etaine (La Courtise d’Étain) présente la déesse primordiale Étain, personnification de l’île et ses incursions dans l’Autre Monde

* le Cycle Fenian est centré sur un héros Finn Mac Cumaill, son fils Oisin et les aventures des guerriers appelés les Fianna. Ce corpus, parfois nommé « cycle d’Ossian », est le plus récent et est à l’origine des supercheries de James Macpherson

* le Cycle historique ou Cycle des rois comprend des récits consacrés à des rois légendaires de l'ère chrétienne.

* le Cycle d'Ulster (où Cycle de la Branche Rouge) est centré sur le royaume d’Ulster, les aventures du héros Cúchulainn et le règne du roi Conchobar Mac Nessa. La Táin Bó Cúailnge (Razzia des Vaches de Cooley) appartient à ce cycle.

L’ensemble des ces sources doit être étudié de manière comparative avec la littérature celtique galloise et toute la documentation relative à la Gaule.
La matière de Bretagne et le Cycle arthurien reprennent de nombreux éléments des traditions irlandaise et galloise, sans pour autant relever de la mythologie.

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Sha Renkyô

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MessageSujet: Re: Mythologie celte   Ven 12 Sep 2008 - 22:54

L’histoire mythique

Avant l’installation des Gaëls, l’île a connu plusieurs occupations successives qui sont narrées dans le Lebor Gabála Érenn, un texte dont il existe 5 versions de l’« histoire » (R1, R2, R3, Min et K) réparties dans 18 manuscrits, rédigés entre le XIIe siècle et le XVIIIe siècle. Les clercs qui ont retranscrit ce mythe fondateur ont rajouté la référence biblique du Déluge, qui est originellement inconnue des Celtes. Ces différentes « races » sont dans l’ordre chronologique :

* Le peuple de Cesair
* Les Fomoires
* Les Partholoniens
* Les Nemediens
* Les Fir Bolg
* Les Tuatha Dé Danann
* Les Milesiens

Les Tuatha Dé Danann (tribu de la déesse Dana) sont le peuple des dieux de l’Irlande, ils sont évincés par les fils de Mile et doivent se réfugier dans les « sidh ». Mile est l’ancêtre des Gaëls.


Personnages

Dieux

Les dieux de l’Irlande celtique sont les Tuatha Dé Danann, derniers occupants de l’ile avant l’invasion des Milésiens qui vont les contraindre à se réfugier dans le Sidh. Les Sidh (chaque dieu ayant le sien) deviennent donc leur résidence et représentent l’Autre Monde.

La société divine reprend la structure trifonctionnelle de la société humaine (classe sacerdotale, aristocratie guerrière, producteurs), de manière plus complexe :

- hors classe :

* Lug Samildanach (dieu primordial)

- fonction sacerdotale :

* Dagda (dieu-druide)

- fonction guerrière :

* Ogme (dieu de la magie guerrière)
* Nuada (royauté)

- fonction artisanale :

* Goibniu (dieu forgeron)
* Credne (dieu bronzier)
* Luchta (dieu charpentier)

- participent aux trois fonctions :

* Diancecht (dieu-médecin) père de Airmed, Miach et Oirmiach
* Mac Oc ou Oengus (jeunesse)

- déesse unique :

* Brigit (déesse des poètes, des forgerons et des médecins), connue sous différents avatars :
o Étain ou Eithne (reine d’Irlande, mère de tous les dieux)
o Boand (autre nom de Brigit, déesse éponymique de la Boyne)
o Mórrígan (déesse guerrière, ou bien de la souveraineté)

Les Bansidh (les « femmes du sidh ») sont les messagères des dieux, leur magie est plus puissante que celle des druides, en matière d’amour. Elles apparaissent souvent sous forme de cygnes et attirent des guerriers émérites pour des séjours voluptueux, telles les aventures de Conle, Bran Mac Febail ou Nechtan.

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MessageSujet: Re: Mythologie celte   Ven 12 Sep 2008 - 22:57

Druides

Les druides (étymologie : « dru-wid-es », qui signifie « très savants ») sont omniprésents dans les sources littéraires, ils interviennent à tout moment dans la vie des Celtes et plus particulièrement pour tout ce qui relève du religieux. Si le roi est dépositaire de la souveraineté, le druide incarne la parole des dieux, ce qui, de fait, lui donne droit de vie et de mort sur quiconque. Le roi règne sous la direction spirituelle de son (ses) druide(s). Toute la vie de la société celtique est soumise aux membres de la classe sacerdotale.

La transmission du savoir et l’enseignement oral sont des missions qui s’étalent sur des années, il est largement fait appel à la magie dont les rituels les plus connus sont la geis et le glam dicinn. Rien n’interdit à un druide de se marier ou de prendre les armes, l’exemple le caractéristique étant celui de Cathbad.

Il existe quelques druides despotiques, comme Aithirne Ailgesach, qui se servent de leur science pour extorquer à leurs victimes des faveurs impossibles.


Le calendrier celtique est ponctué par quatre grandes fêtes religieuses : Beltaine, Imbolc, Lugnasad et Samain.


Rois et héros

Toponymes mythiques

Certains toponymes sont imaginaires ou indéterminés, d’autres précisément localisés. En voici quelques uns parmi les plus célèbres :

* Ath Daru (le gué du chêne) : site de la bataille du même nom, dans le comté de Kildare

* Ath Ferdiad (le gué de Ferdiad) : assimilé à la ville d’Ardee, dans le Comté de Louth. C’est à cet endroit qu’eut lieu le combat singulier entre Ferdiad et Cúchulainn

* Brug na Boinne, l’« hôtel de la Boyne » : la résidence du Dagda. Le site correspond au cairn de Newgrange, dans le Comté de Meath

* Cleitech : une des residences des dieux, situé à proximité de Brug na Boinne

* Cruachan (Rath Chrûachain) : siège de la cour des souverains du Connaught Medb et Ailill. Le site est localisé près du village de Tulsk, dans le comté de Roscommon

* Cúailnge : lieu de la célèbre razzia. Il s’agit de Cooley, comté de Louth

* Dun : le mot entre dans la composition de nombreux toponymes celtiques tant insulaires que continentaux. Voir dun (forteresse)

* Dun Ailinne : capitale mythique du royaume de Leinster, dans le comté de Kildare

* Dun Dalgan (Dun Dealgan) : Dundalk, comté de Louth

* Emain Ablach : résidence des dieux de l’Autre Monde, « ablach » signifie pomme, fruit de l’immortalité. Même étymologie que Avallon, île où le roi Arthur est actuellement en dormition

* Emain Macha, capitale mythique des rois d’Ulster, dont Conchobar Mac Nessa, localisée à Navan Fort, près d’Armagh dans le comté d'Armagh

* Goirt-an-Ort (terre de l’or) : endroit où est tué le roi Lugaid Mac Con alors qu’il donnait de l’or à ses poètes. Dans le comté de Tipperary

* Mag Mor (grande plaine) : autre nom du sidh

* Mag Slecht (plaine de la prosternation) : lieu d’adoration d’une idole qui, selon l’hagiographie, sera détruite par saint Patrick. Situé dans le comté de Leitrim

* Slieve Fuad (collines de Fuad) : comté d’Armagh

* Tara : capitale des ard ri Érenn (rois suprêmes d’Irlande), dans le comté de Meath


Le druide est un personnage omnipotent et omniscient de la société celtique, au point qu’il est à la fois ministre du culte, philosophe, gardien du Savoir et de la Sagesse, historien, juriste et aussi conseiller militaire du roi et de la classe guerrière. Il est en premier lieu l’intermédiaire entre les dieux et les hommes. Il correspond donc à la première fonction de l'idéologie tripartite des Indo-Européens mise en lumière par Georges Dumézil.
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MessageSujet: Re: Mythologie celte   Ven 12 Sep 2008 - 23:02

Dans le récit Táin Bó Cúailnge (Razzia des vaches de Cooley), le druide Cathbad provoque la mort d'un émissaire qui a parlé sans permission, car « Nul ne parle avant le roi, mais le roi ne parle pas avant son druide ».

Il est chargé de la célébration des cérémonies sacrées et lui seul a le droit de pratiquer les sacrifices. Ce qui fait du druidisme, non seulement la religion des peuples celtes, mais aussi le fondement de toute leur civilisation.

Un seul nom de druide historique nous est connu, c’est Diviciacos dont Jules César nous apprend qu’il a été vergobret du peuple des Eduens, mais c'est Cicéron dont il fut l'hôte, qui nous renseigne sur sa qualité. Les autres, dont il est question dans les textes, relèvent de la mythologie celtique.


La classe sacerdotale

Structure de la société celtique

César, relatant ses opérations militaires, avait noté que les Gaulois (la plèbe) étaient dirigés par deux classes d’hommes, les druides et les chevaliers (equites). On retrouve cette hiérarchie dans la structure de la société divine des Tuatha Dé Danann, les dieux de l’Irlande, qui reproduit le schéma de l’idéologie tripartite des Indo-européens, telle qu’elle a été exposée par Georges Dumézil.

* La classe sacerdotale qui possède le Savoir et fait la Loi ; elle administre le sacré et le religieux

* La classe guerrière qui gère les affaires militaires sous le commandement du roi

* La classe des producteurs (artisans, agriculteurs, éleveurs, etc.) qui doit subvenir aux besoins de l’ensemble de la société et en priorité ceux des deux autres classes


Hiérarchie et structure de la classe sacerdotale

La classe sacerdotale est elle-même hiérarchisée, et ses membres possèdent des « spécialités ». Strabon fut l’un des premiers auteurs à décrire la classe sacerdotale :
« Chez tous les peuples gaulois sans exception se retrouvent trois classes d'hommes qui sont l'objet d'honneurs extraordinaires, à savoir les Bardes, les Vates et les Druides : les Bardes, autrement dits les chantres sacrés, les Vates, autrement dits les devins qui président aux sacrifices et interrogent la nature, enfin les Druides, qui, indépendamment de la physiologie ou philosophie naturelle, professent l'éthique ou philosophie morale. »

— Strabon,
Géographie, IV, 4.

* le mot druide est un terme générique qui s’applique à tous les membres de la classe sacerdotale, dont les domaines d’attribution sont la religion, le sacrifice, la justice, l’enseignement, la poésie, la divination, etc. Mais il définit aussi ceux que l'on appelle les druides « théologiens ».

* le barde est spécialisé dans la poésie orale et chantée, son rôle est de faire la louange, la satire ou le blâme.

* le vate est un devin, il s’occupe plus particulièrement du culte, de la divination et de la médecine. Les femmes participent à cette fonction de prophétie (telles les Gallisenae de l’île de Sein).

Dans la tradition irlandaise le file (pl. filid) est un devin, il a remplacé le barde dont il possédait aussi les attributions. En fonction de leurs spécialités, les filid sont sencha (historien, professeur), brithem (juge et juriste), scelaige (conteur), cainte (satiriste), liaig (médecin), dorsaide (portier), cruitire (harpiste), deogbaire (échanson). Le devin est le faith, la prophétesse est banfaith ou banfile. Ollamh est le titre le plus élevé (le sens du mot est docteur, savant) devant l’anruth (brillant), l'oblaire étant l'étudiant (voir Hiérarchie des filid dans l'article Barde).


Le rôle du druide dans la société

En tant que ministre de la religion, le druide procède à tous les rites cultuels, et en particulier aux sacrifices. Si les sacrifices humains de prisonniers de guerre sont attestés, il semble cependant qu’ils étaient réservés à des circonstances exceptionnelles, les sacrifices animaux (chevaux, taureaux) ou symboliques étaient plus courants.

L’enseignement, c’est-à-dire la transmission orale du savoir, fait aussi partie de ses responsabilités. C’est encore César qui nous apprend « qu’un grand nombre de jeunes gens viennent s’instruire chez eux » et que les études peuvent durer 20 ans ; on cite le chiffre de 150 élèves pour le druide mythique Cathbad, dans la tradition irlandaise.

Dans le contexte celtique, le domaine juridique fait partie de la théologie et relève donc de la religion. C’est donc tout naturellement que les druides sont à la fois juristes et juges. Le non-respect d’un contrat est sanctionné par des peines qui sont codifiées selon la nature de la faute et le rang des parties dans la hiérarchie sociale. Si c’est le roi qui prononce la sanction, c’est le druide qui conseille.

Compte tenu de la primauté de son statut, du prestige attaché à sa fonction, et aussi de sa qualité de juriste, il a aussi la charge des relations diplomatiques pour prévenir la guerre ou régler les compensations après l’agression. Notons au passage qu’un druide peut participer à la guerre, il n’y a pas d’interdit ni d’obligation. Le druide-guerrier est un personnage assez courant. Ainsi, à titre d’exemple, le druide Cathbad, dont le nom signifie « Tueur au combat ».

En tant que Savant et garant du savoir, il est logique que les domaines de l’histoire, de la généalogie, de la toponymie soient de son ressort, étant entendu que ce que nous appelons mythologie avait une réalité à cette époque. Pour des raisons de légitimité et de souveraineté, ces disciplines se devaient d’être les plus précises possible.

Les Tuatha Dé Danann (Gens de la déesse Dana – les dieux de l’Irlande) ont un dieu-médecin, Diancecht qui est un expert dans la magie et la médecine, il soigne et rétablit les blessés, il ressuscite les morts en les immergeant dans la Fontaine de Santé, il fabrique une prothèse au roi Nuada qui a eu le bras arraché. Les épopées sont pleines de ces guérisons, où les plantes, les incantations et les breuvages magiques sont utilisés.

Leur grande connaissance de l'astronomie leur aura permis de conceptualiser le temps, dont nous avons une idée grâce au calendrier de Coligny, qui date de l’époque gallo-romaine.

Le roi ne prend pas la parole avant le druide, mais ils forment une sorte de binôme indispensable et antagoniste. Si le roi exerce la souveraineté, il le fait sous l’inspiration du druide qui lui doit le conseil, il y a dépendance du pouvoir politique au spirituel.

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MessageSujet: Re: Mythologie celte   Ven 12 Sep 2008 - 23:09

Les pratiques

Certains textes irlandais font état de l’intervention des druides au moment de la naissance, pour donner un nom à l’enfant et pratiquer une lustration, que l’on assimile à une forme de baptême.

L’attention portée aux présages est générale, car ils sont l’expression des volontés divines et donc les présages et la divination ne peuvent relever que du religieux dans la mesure où le druide est l’intermédiaire et sa parole sacrée. C’est donc un domaine illimité dès l’instant qu’il est question de l’avenir.

Le mot irlandais geis (pluriel geasa) désigne un interdit qui peut être négatif (sens d’interdiction) ou positif (sens d’obligation) ; la geis a force de loi. Elle s’adresse principalement au roi et aux membres de la classe guerrière et recouvre l’ensemble des activités de la vie quotidienne.

La magie, dont la médecine est un prolongement, fait appel à des techniques rituelles. Les plantes médicinales en sont un élément important, il faut aussi noter l’élixir d’oubli qui affecte la mémoire, la musique, la Fontaine de Santé qui guérit les blessés dans les batailles et ressuscite les morts, la pomme, symbole celtique par excellence de l’immortalité et du savoir, la cueillette du gui accompagné du sacrifie de taureaux, et bien d’autres.

Les éléments aussi participent à cette religion : l’eau par son pouvoir de lustration, le feu qui sert aux sacrifices ou à la purification des troupeaux, le vent qui a le pouvoir d’égarer ou d’anéantir, le brouillard qui permet de se déplacer de manière invisible.

Les incantations sont aussi une pratique très usitée. La littérature irlandaise parle notamment du glam dicinn qui est une malédiction suprême qui entraîne la mort, de l’imbas forosnai qui a le sens d’illumination, et du dichetal do chennaib cnâime, dont la signification est incertaine : ce « chanté de la prophétie » serait une improvisation. La louange est de la responsabilité du barde, c'est une forme de poésie qui consiste à mettre en valeur les qualités d’un personnage. Le blâme est de même nature avec l’objectif contraire, à ne pas confondre avec la satire qui est une incantation religieuse et légale qui entraîne généralement la mort. La geis est une incantation constituée d'obligations et d'interdits que les membres de la classe des guerriers doivent respecter, sous peine de mort.


Les fêtes

L’année celtique comporte quatre grandes fêtes religieuses au caractère obligatoire, l’absence étant punie de mort.

* Samain dont le sens est « réunion » a lieu le Ier novembre. Plus que le nouvel an, c’est le passage d’une année à l’autre, sa célébration dure une semaine qui est hors du temps, ce qui favorise les contacts avec l'Autre Monde. Elle se caractérise par des festins et des beuveries rituelles.

* Imbolc qui signifie « lustration » est le 1er février. C’est la purification qui marque la fin de la période hivernale.

* Beltaine les « feux de Bel » au 1er mai est une fête sacerdotale en rapport avec Belenos et de sa parèdre Belisama, qui marque le passage de la saison sombre à la saison claire avec le changement d’activités que cela implique. Les druides allument de grands feux pour protéger le bétail, essence même de la richesse.

* Lugnasad est l' « assemblée de Lug » le Ier août. Cette fête est consacrée au roi dans son rôle de redistributeur des richesses et de protecteur. C’est l’occasion de conclure des contrats de toutes sortes (commerciaux, matrimoniaux, juridiques) et de se mesurer dans des compétitions (joutes littéraires, sports).



Dernière édition par Sha Renkyô le Ven 12 Sep 2008 - 23:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Mythologie celte   Ven 12 Sep 2008 - 23:12

Le druidisme

Selon le Lebor Gabala (Livre des Conquêtes) le druidisme a été inventé par les Partholoniens, arrivés en Irlande 312 ans après le déluge et qui vont l’occuper pendant 5000 ans. César aussi pense qu’il est originaire de l’île de Bretagne, puis s’est répandu en Gaule ; d’ailleurs il affirme que nombre d’étudiants vont se perfectionner là-bas.

Tout ce que l’on peut dire à ce propos ne peut être qu’une émanation de ce que nous savons de ses ministres. Plus qu’une religion, au sens où nous le comprenons aujourd’hui, le druidisme est le fondement même de la civilisation celtique, et le règlement de l’ensemble de la société. Toute la vie des Celtes est sous le contrôle des druides.

Les Celtes étaient convaincus de l’immortalité de l’âme[16], c’est la raison pour laquelle les guerriers n’éprouvaient aucune peur de la mort lors des batailles. Des confusions dans la lecture des textes ont suggéré la notion de réincarnation, mais celle-ci est inexistante.

Le Sidh est le nom gaélique qui désigne l'Autre Monde celtique, il se situe à l’ouest, au-delà de l’horizon de la mer, dans des îles magnifiques ; sous la mer, dans les lacs et les rivières où se situent de somptueux palais de cristal aux entrées mystérieuses ; sous les collines et les tertres. C’est le séjour des dieux.

Le culte se pratiquait dans des aires sacrées appelées Nemeton en langue gauloise (et nemed en gaélique) dont on trouve la trace, par exemple, dans le toponyme de la forêt de Nevet près de Locronan (Finistère), dont la Troménie, procession chrétienne, perpétue le souvenir d’une cérémonie druidique. Il est fort probable que des monuments mégalithiques, tels Carnac ou Stonehenge, aient été récupérés par les druides. Si à l’origine le Nemeton fut probablement un endroit ouvert, il a considérablement évolué pour devenir un enclos, de forme généralement quadrangulaire, comprenant des édifices en bois et un puits à offrandes.

Les filid irlandais ont élaboré un système de notation, les ogam (système parfois appelé écriture oghamique), qui n’a jamais servi à la rédaction de textes, mais à des inscriptions funéraires (dont 300 nous sont parvenues) ou incantatoires gravées dans la pierre ou le bois. Attribué par la tradition à Ogme, le dieu de la magie et de l’éloquence, cet alphabet composé d’encoches et dérivé de l’alphabet latin en association avec des noms d’arbres, resta cantonné à l’Irlande, l’Écosse et le Pays de Galles.

La thèse d’une origine chamanique préhistorique fut avancée, mais elle ne résista pas à l’analyse, et fut rapidement abandonnée. Par ailleurs, si le sanglier est l’animal emblématique de la classe sacerdotale, la notion de totémisme est totalement à exclure, ne correspondant pas dans sa définition aux conceptions celtiques.


Les Gaëls

Les Gaëls constituent un peuple celte originaire d'Irlande, qui a envahi les îles britanniques au Ve siècle av. J.-C. et s'est établi principalement en Écosse, en Irlande et sur l'île de Man. Il a ensuite donné son nom au différents peuples gaëliques, cousins des autres peuples celtes, et peuples guerriers. Leur langue fait partie de la famille du gaélique, une division des langues celtiques insulaires.

Le nom "Gaël" a été adopté en 1810 à partir du gaélique écossais "Gaidheal" (en irlandais "Gaedhealg" et vieil irlandais "Goidhel"-"Goídeleg") pour désigner un montagnard (EOD). Gaël ou Goídeleg ont d'abord été utilisés comme un terme générique pour décrire les habitants d'Irlande; on pense que cela viendrait du brittonnique "gwyddel" (vieux gallois "goídel"), qui signifiait à l'origine « voleur », et maintenant désignerait une personne irlandaise.

Beaucoup de personnes qui ne parlent pas le gaélique se considèrent comme 'Gaëls' dans un sens plus large, en raison de leur ascendance historique et de leur héritage.



Source : Wikipédia
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